
Autre disque, autre époque. 13 ans après le Köln Concert, Jarrett semble ici avoir gagné en maturité, ce qui (à mon sens) se reflète fortement dans son improvisation. Il nous livre ici une composition spontanée de presque 38 minutes, sans pause. Le ton est solennel, beaucoup moins volatile que ce qu'il a donné à Cologne ; il entame son alchimie avec une forme plutôt baroque, en mineur, qui devient plus pesante au fil du morceau. On peut par ailleurs assister plus en profondeur à la méthode d'improvisation du monsieur : il prend de la matière brute pour la travailler, lui donner une forme ; il l'étire, la forge pour nous montrer jusqu'où il peut aller. Tout en jouant, il pousse quelques grondements ou autres bruits guturaux comme à son habitude - si vous n'étiez pas au courant, Keith Jarrett vit de tout son corps son jeu de piano ; il se lève, se tortille, et accompagne les notes de fredonnements divers et variés. Quelque chose d'un peu chamanique.
L'ambiance est aussi plus homogène si l'on continue la comparaison avec le Köln Concert ; alors que ce dernier sautillait d'accords en accords, revêtant tour à tour des habits blues, gospel ou folk, l'oeuvre de Paris est décidément plus monotone, mélancolique. Chopin aurait aimé. Les variations d'intensité sont moins flagrantes qu'avant, mais plus subtiles, proches du piano romantique du XIXe siècle, où majeur et mineur s'alternent et se répondent allègrement.
Une musique très introspective. On pourrait presque avoir l'impression qu'il a joué ça auprès du feu de cheminée, un soir d'hiver. Après une forge tonale aux frontières de la dissonance, il referme ce morceau en se balançant plusieurs minutes entre deux accords, Fa mineur et Sib mineur, une conclusion magnifique, qui s'éloigne, s'éteint progressivement.
Les deux autres morceaux interprétés à Paris ce soir-là furent "Wind", une jolie balade reprise d'un autre compositeur dont le nom m'est inconnu, et enfin un blues standard mais très efficace.
A plusieurs lieues d'un Köln Concert, Jarrett nous livre ici un aperçu de ce qui sera 3 ans après son apogée en tant qu'improvisateur avec le Vienna Concert. Je recommande ce disque ainsi que le précédent à quiconque ayant le moindre intérêt pour le piano, ainsi qu'à tous les autres.
L'ambiance est aussi plus homogène si l'on continue la comparaison avec le Köln Concert ; alors que ce dernier sautillait d'accords en accords, revêtant tour à tour des habits blues, gospel ou folk, l'oeuvre de Paris est décidément plus monotone, mélancolique. Chopin aurait aimé. Les variations d'intensité sont moins flagrantes qu'avant, mais plus subtiles, proches du piano romantique du XIXe siècle, où majeur et mineur s'alternent et se répondent allègrement.
Une musique très introspective. On pourrait presque avoir l'impression qu'il a joué ça auprès du feu de cheminée, un soir d'hiver. Après une forge tonale aux frontières de la dissonance, il referme ce morceau en se balançant plusieurs minutes entre deux accords, Fa mineur et Sib mineur, une conclusion magnifique, qui s'éloigne, s'éteint progressivement.
Les deux autres morceaux interprétés à Paris ce soir-là furent "Wind", une jolie balade reprise d'un autre compositeur dont le nom m'est inconnu, et enfin un blues standard mais très efficace.
A plusieurs lieues d'un Köln Concert, Jarrett nous livre ici un aperçu de ce qui sera 3 ans après son apogée en tant qu'improvisateur avec le Vienna Concert. Je recommande ce disque ainsi que le précédent à quiconque ayant le moindre intérêt pour le piano, ainsi qu'à tous les autres.
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