Alva Noto, de son vrai nom Carsten Nicolaï, fait partie de cette nouvelle-nouvelle vague allemande de la musique électronique. Relié au label Raster-Noton (Byetone..), il œuvre non seulement dans le monde du son mais aussi en tant qu'artiste visuel, deux facettes qu'il fait communiquer selon sa propre alchimie. D'un domaine souvent méconnu voire méprisé du grand public (les styles "glitch", "noise" ou "microsound", autant de noms à faire fuir le quidam), il construit à partir de bruits à la limite du perceptible une musique profondément humaine, bien qu'issue de machines. Le rapport entre les deux ? L'électricité. Fil conducteur dans l'expression de ce Xerrox Vol.2 : les étincelles sont les invitées d'honneur des tableaux d'Alva Noto. La décomposition chirurgicale du son et sa métamorphose dont nous sommes témoins ici forcent l'admiration.
L'organisme sonore de cet album s'est nourri de bruits de vieux modems ou de faux contacts électriques, les a digérés, décomposés pour les ré-assembler en espaces musicaux modernes, teintés de mélancolie : celle ressentie en traversant une ville juste avant un lever de soleil, celle dans laquelle on se surprend à errer en périphérie. De la musique d'ambiance ? non, trop touchante. Du "noise" ? peut-être. Sans aucun doute, un des discrets monuments d'architecture sonore de ces quelques dernières années. Le morceau en trois parties "Xerrox Monophaser" vaut à lui seul l'album.
La structure, bien qu'invisible, est étudiée ; on ne laisse pas les bruits courir au hasard. A travers une multitude d'outils d'informatique musicale, Carsten Nicolaï extrait un son d'un signal électrique, lui donne une texture propre. Le place dans un flux, un système circulatoire à basse tension. Un acte de création qui produit une identité à partir d'un chaos mi-onde mi-matière, l'étincelle d'une rencontre entre Nikola Tesla et Brian Eno. L'électricité, elle qui anime tant le vivant que la machine, constitue les fibres d'une toile sur laquelle s'étalent des retentissements d'émotion - les grésillements finement posés par delà les timides instants de mélodie sont d'un matériau d'apparence brute mais considérablement travaillé. Pour atteindre cette puissance dans l'inaudible, cette profondeur dans l'impalpable : un art saisissant de la suggestion.
>>> extrait audio <<<>
L'organisme sonore de cet album s'est nourri de bruits de vieux modems ou de faux contacts électriques, les a digérés, décomposés pour les ré-assembler en espaces musicaux modernes, teintés de mélancolie : celle ressentie en traversant une ville juste avant un lever de soleil, celle dans laquelle on se surprend à errer en périphérie. De la musique d'ambiance ? non, trop touchante. Du "noise" ? peut-être. Sans aucun doute, un des discrets monuments d'architecture sonore de ces quelques dernières années. Le morceau en trois parties "Xerrox Monophaser" vaut à lui seul l'album.
La structure, bien qu'invisible, est étudiée ; on ne laisse pas les bruits courir au hasard. A travers une multitude d'outils d'informatique musicale, Carsten Nicolaï extrait un son d'un signal électrique, lui donne une texture propre. Le place dans un flux, un système circulatoire à basse tension. Un acte de création qui produit une identité à partir d'un chaos mi-onde mi-matière, l'étincelle d'une rencontre entre Nikola Tesla et Brian Eno. L'électricité, elle qui anime tant le vivant que la machine, constitue les fibres d'une toile sur laquelle s'étalent des retentissements d'émotion - les grésillements finement posés par delà les timides instants de mélodie sont d'un matériau d'apparence brute mais considérablement travaillé. Pour atteindre cette puissance dans l'inaudible, cette profondeur dans l'impalpable : un art saisissant de la suggestion.
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