Quand on vous dit Corona, vous penserez surtout à la célèbre bière mexicaine. Mais on peut aussi penser à Fernando Corona alias Murcof, mexicain lui aussi ; créateur d'espaces, architecte de l'ambiance bien connu des mordus d'électro. Faites-lui rencontrer le trompettiste franco-lausannois Erik Truffaz et après quelques échanges vous obtiendrez le Mexico Project, faisant partie d'un tryptique concocté de jazz et de world music qui a occupé Truffaz pendant l'année 2008 (avec Paris et Benarès, dont la critique suivra).

Trois titres, pour un mini-album de 27 minutes. La formule est brève, mais 60 ou 70 minutes en auraient trop dilué sa poésie, en auraient fait un disque lassant au final. Trois titres pour trois tableaux : un château dans "Al Medioda", la tension d'une longue nuit d'été avec "Good News from the Desert" et un lever de soleil libérateur par "Avant l'Aube". Ce sont ce que ces pièces m'évoquent, et les albums solo de Murcof alimentent eux aussi l'imagination visuelle, une qualité essentielle de la musique instrumentale en ce qui me concerne.
Ce qui surprend au fil des écoutes, c'est la qualité très organique du flot sonore de Murcof ; un son électronique certes, mais travaillé pour le rendre vivant, le moins mécanique possible. On imagine la subtilité requise pour forger ces paysages, pour la plupart sobres, timides, mais présents comme une montagne en arrière-plan, que la trompette survole sans s'y arrêter trop longtemps. Le tout vient à nous dans une densité poignante, très maitrisée.
La capacité de leur musique à créer une ambiance rappellera la musique impressionniste du début du XXème siècle, dont elle semble être la lointaine descendante.
La capacité de leur musique à créer une ambiance rappellera la musique impressionniste du début du XXème siècle, dont elle semble être la lointaine descendante.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire