dimanche 14 mars 2010

Fela and The Africa 70's with Ginger Baker - LIVE! (1971)


Quel est le lien entre James Brown, Keziah Jones et Malcolm X ? Si vous connaissez Fela Kuti, vous connaitrez déjà la réponse. Pour résumer, ce musicien d'origine nigérienne né en 1937 est l'instigateur d'un style nommé Afrobeat, genre apparu au début des années 70 à la croisée du jazz, du funk et des rythmiques traditionnelles africaines. Fela est à ce style ce que Bob Marley fut au reggae, un charismatique porte-drapeau qui ne se contentait pourtant pas de faire que de la musique.


Il a été jusqu'à son décès en 1997 un activiste politique perpétuellement réprimé par le gouvernement en place au Nigéria pendant les années 70 et 80 ; il s'est battu la plupart du temps contre l'hypocrisie de la classe politique dominante et contre les absurdités subies par ses compatriotes, influencé par les Black Panthers pendant un voyage aux USA. Erigé au rang de légende presque underground de la musique africaine actuelle, son oeuvre revient ces temps-ci sur le devant de la scène avec une comédie musicale à son sujet à Broadway et un projet de biopic.



Tout ça pour vous parler d'un de ses disques du début de sa carrière qui vaut vraiment le détour. Un live débordant d'énergie, une véritable leçon de groove et une bonne introduction à la musique de Fela (cela dit, vous pourriez piocher les yeux fermés dans sa discographie en 1970 et 1981 ; tout est bon à prendre, à condition de trouver les disques en question..). Le leader chante finalement peu, mais c'est parce qu'il assure aussi les solos de saxophone et de clavier. Le groupe mélangeant section rythmique de funk et percus africaines tourne d'enfer, rien à envier à ses confrères d'Amérique de ce côté là. Le son est particulièrement clair et bien mixé pour un album de presque 40 ans, et pour un artiste encore assez peu connu en dehors de son pays à l'époque.

On a donc un apperçu sonore des concerts de Fela, où les morceaux pouvaient se voir rallongés sur plusieurs dizaines de minutes. La présence de Ginger Baker, batteur de Cream, ne fait qu'asseoir encore ce groove irrésistible ; sur la dernière piste, enregistrée plus tard en 1978, un duo de batterie entre lui et Tony Allen ; pour info, ce dernier a été le bras droit musical de Fela de 1969 à 1978, et ce dernier aurait dit de lui qu'"il n'y aurait pas eu d'Afrobeat sans lui".

Pour celles et ceux qui aimeraient des suggestions d'autres albums, je recommande très vivement l'anthologie The Black President qui, malgré certains morceaux raccourcis (longueur originale oblige), offre un éventail goûtu de son oeuvre sur une quinzaine d'années. Sinon, le double album Open & Close / Afrodisiac qui lui illustre un Afrobeat du début de sa carrière, avec une section de cuivres plus présente et des paroles en Yoruba ainsi qu'en Anglais. Foncez c'est moi qui vous le dit !

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