mercredi 17 février 2010

album : Battements au Coeur de l'Orient (2007)


Vous aimez la musique orientale ? Du moins, vous connaissez un peu ?

Très bien, ce disque est pour vous. Sinon, il risque bien de vous la faire apprécier. On a entre les mains un disque sorti l'année dernière, qui s'articule autour de la croisée de multiples cultures désignées communément dans cette musique.

Si vous avez un peu l'âme curieuse, vous aurez sans doute entendu une fois parler des Chemiranis, cette famille iranienne qui a grandement travaillé à la popularisation de leur musique traditionnelle en dehors des frontières perses. Nous avons aujourd'hui les trois enfants de la famille, Keyvan et Bijan, les frères tous deux percussionnistes, et la soeur Maryam, chanteuse. S'y trouvent également différentes participations, notamment celle du tabliste Anindo Chaterjee (que j'ai eu l'occasion de rencontrer lors d'un atelier), Ken Zuckerman (au Sarod), et enfin des grecs comme Sokratis Sinopoulos (Kementché, ou violon iranien) et Stelios Petrakis à la lyra. Mais assez de présentations ; passons à la musique.

La musique justement, qui est magnifiquement interprétée, est un savant mélange dont les ingrédients fondamentaux sont l'intensité, la sensibilité mélodique perse et la couleur cyclique et rythmiquement intense de la musique classique indienne. Et la synthèse opère toute seule : tantôt des morceaux plus structurés et chantés par la voix profonde et touchante de Maryam (l'ouverture Chabi Majnoun, le merveilleux Nemidounam), tantôt des toiles musicales tissées comme les légendaires ragas indiens (Bhairavi, basé sur le mode du même nom). Cette communication entre les deux cultures fait ressortir un sentiment d'unité que nous n'aurions pu apprécier autrement, et c'est tant mieux.

En parallèle de la beauté harmonique des performances travaille une mécanique rythmique irréprochable qui confirme la virtuosité nécessaire à l'exécution de cette musique, qui parfois occupe l'entièreté de la scène (un duo Zarb/Tabla époustouflant dans Haft delakhta) ; une puissance irrésistible pour ceux qui ressentent l'appel du tambour.

Pour conclure, signalons la qualité sonore de l'album et sa texture très vivante (les morceaux sont enregistrés "live" bien sûr, comme pour la plupart des disques du genre).

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